Genre

On entend par « genre » l’ensemble des attitudes, rôles, comportements qui sont associés à l’un et l’autre sexe. Le sexe d’une personne est déterminé par un ensemble d’attributs biologiques (organes reproducteurs, chromosomes, systèmes hormonaux…) ; le genre, quant à lui, désigne les caractéristiques qui lui sont socialement attribuées sur la base de son sexe biologique.
Les stéréotypes associés aux normes de masculinité et de féminité et les rôles de genre constituent des données centrales pour analyser l’épidémie et adapter les stratégies de prévention et de prise en charge du VIH/sida.

Approche genre
L’approche genre part du constat que les inégalités entre les femmes et les hommes sont construites par les sociétés. Ces inégalités résultent des rôles masculins et féminins assignés sur la base de différences biologiques. L’approche genre a pour objectif final l’égalité des droits entre les femmes et les hommes ainsi qu’un partage équitable des ressources et des responsabilités entre les femmes et les hommes.
En tant que méthodologie, elle produit une analyse comparée des situations des femmes et des hommes, et favorise une meilleure prise en compte des inégalités dans tous les secteurs du développement.

Genre et VIH
De nombreux facteurs biologiques d’une part, mais aussi sociaux, culturels, économiques et juridiques rendent en effet les femmes plus vulnérables au VIH/sida que les hommes : leur faible statut social dans de nombreuses sociétés, leur manque d’accès et de contrôle des ressources économiques, les violences notamment sexuelles fréquemment perpétrées à leur encontre, les droits inexistants ou bafoués, leur manque de liberté dans le cadre des relations sexuelles et du mariage…. Les femmes vivant avec le VIH sont davantage stigmatisées et discriminées que les hommes, elles sont également plus lourdement touchées par l’augmentation des dépenses et des charges de santé. Et elles doivent assumer le fardeau physique et psychologique des soins aux malades atteints par le VIH et le sida.
De leur côté les hommes sont prisonniers des normes et assignations de virilité qui valorisent la multiplication des partenaires sexuelles et la prise de risque d’une façon générale. Ils ont également plus de réticences que les femmes à se faire dépister et vont fuir les centres de soins au détriment de leur propre santé et de celle de leurs familles. Les inégalités de genre frappent donc aussi les hommes, qui sont victimes des assignations de rôles socialement définis.

Prendre en considération les problématiques de genre dans les programmes de lutte contre le VIH a pour objectif de tenter de réduire les inégalités dans les rapports sociaux entre hommes et femmes, à renforcer les capacités des femmes, tout en favorisant la participation des hommes dans ces processus, pour finalement atteindre une égalité dans l’accès aux soins et aux méthodes de prévention.